Le groupe
au fils des jours
l’expérience
Construction de l’église et du centre communautaire Eau - électricité Montage vidéo Parrainage universitaire Réflexions
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| Construction de l’église et du centre communautaire | |||
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Cela fait 15 ans que cette église est en construction, 12 ans et depuis les travaux sont arrêtés. Faute de budget, le bâtiment demeure sans toit, sans portes ni fenêtres. Cela peut paraître un avantage dans un endroit où il fait si chaud, mais il y a dans ce projet bien plus que la simple construction d’un temple. L’édifice adjacent, qui est l’église actuelle, deviendrait un centre communautaire une fois église terminée. Cet endroit, qui sert déjà de lieu de rassemblement pour toute la communauté, pourrait possiblement devenir un espace où se donneraient des formations et des cours de toutes sortes.
Le centre communautaire pourrait devenir une sorte d’échappatoire pour les familles qui n’ont d’autres moyens d’apprendre ou d’améliorer leur condition.
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| Bien plus qu’une expérience…
Après avoir vécu l’Expérience Dominicaine, le groupe du collège Jean-Eudes de 2003 s’est retroussé les manches avec un objectif bien précis en tête : approvisionner 300 maisons d’un batey de la région de Consuelo en électricité et du même coup en eau potable. Les travailleurs et leur famille de ce champ de canne à sucre étaient alors privés d’un besoin aussi essentiel que l’eau. Par le passé, un puits artésien avait été aménagé grâce à un don canadien, mais la communauté ne pouvait plus se payer le gaz naturel, essentiel au fonctionnement de la génératrice.
C’est avec cœur et détermination que ces jeunes ont mené une campagne de financement, sensibilisant les élèves du collège à la choquante réalité quotidienne d’une communauté isolée et défavorisée. Grâce à la participation de professeurs dévoués et de nombreux Dominicains sur le terrain, les fonds recueillis ont permis d’alimenter la génératrice en électricité, donnant accès à de l’eau potable aux habitants de cette communauté. Voilà bien la preuve qu’il nous est possible de contribuer de manière réelle et tangible à l’amélioration des conditions de vie de populations défavorisées. Baisser les bras en adoptant une attitude fataliste est une solution bien trop facile!
Nous avons pu constater de nos yeux les effets bénéfiques que ce projet a amenés dans cette communauté. La reconnaissance était bien visible dans le regard et les poignés de main que les habitants nous ont adressés. Lorsque nous avons hissé le drapeau aux couleurs du Collège, nous étions tous très fiers de cette preuve de collaboration et d’espoir. Ce voyage nous a entre autre fait réaliser l’énorme chemin qu’il reste à faire pour seulement réduire les inégalités affligeant notre planète. Nous ne pouvions tout de même qu’entrevoir la perspective d’un avenir meilleur dans le sourire de ces enfants.
Malaka Rached
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Tout au long de cette expérience, une journaliste nous a accompagnés afin d’immortaliser l’incroyable semaine que nous avons vécue. Delphine Piperni œuvre dans le documentaire depuis quelques années déjà. Elle a touché à divers arts et beaucoup voyagé, notamment en Inde, au Cameroun et en Australie. Ce documentaire sur l’Expérience Dominicaine est en fait son premier film d’une grande envergure.
Elle s’est fondue au groupe avec une telle aisance que nous avions vite fait d’oublier la caméra et la perche. Elle a ainsi pu saisir toute la spontanéité et l’effervescence de notre cheminement. Elle a adroitement recueilli les réactions et réflexions de jeunes plongés dans un univers totalement étranger, confrontés à la dure réalité du tiers-monde.
Nous avons en effet été amenés à remettre nos valeurs, notre société et mêmes les êtres qui nous sont chers en question. Cela ne s’est pas fait sans larmes ni confrontation!
Souvent troublée, comme nous tous, elle n’a cependant pas laissé ses émotions prendre le dessus. Elle a toujours su se concentrer sur son projet avec intérêt et professionnalisme.
L’idée à la base du documentaire est de toucher le plus de gens possible, avec les jeunes comme point de mire. Nous espérons que ce témoignage transmettra à d’autres jeunes le goût de la découverte d’un monde différent, le goût de la rencontre d’êtres riches et généreux de cœur. Ce documentaire saura certainement sensibiliser à la complexité du tiers-monde en amorçant un début de réflexion…
C’est tout son grand talent que Delphine Piperni à mis a profit, afin de réaliser cet ouvrage, véritable témoignage d’une semaine qui a changé nos vies.
Au nom de tout le groupe, merci Delphine! Parrainage universitaire
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Il y a 12 ans, un Dominicain eut l’opportunité de voir ses études universitaires payées, à la condition qu’il paie lui aussi les études d’un Dominicain à sa sortie de l’université. Ce fut là le début du parrainage universitaire. Aujourd’hui, 21 jeunes en bénéficient et ce nombre ne cesse d’augmenter. Manuel, que l’on voit sur ces photos, est l’un d’eux, et l’un des plus prometteurs. C’est le jeune parrainé par le Collège Jean-Eudes, et ses aspirations sont plus que dignes du privilège du parrainage. En continuant dans la voie qu’il emprunte présentement, il réalisera de grandes oeuvres dans son pays.
Cinq peintures
La première, disait le peintre qui l’a réalisée, est d’une triste beauté.
Reflet de la réalité des bateyes, du travail inhumain qu’ont à fournir, tous les jours, les coupeurs de canne à sucre. Le soleil lointain apparaît comme une lueur d’espoir dans un univers si sombre.
Les quatre suivantes ont une toute autre connotation. Celles-là symbolisent l’espoir, non pas par leur dessin, mais par la raison pour laquelle elles se retrouvent sur le site. Deux jeunes ont eu une idée brillante, débordante de compassion. Durant leurs excursions dans la ville de San Pedro, ils rencontrèrent un peintre local. Ce dernier n’était pas riche, mais possédait un don pour la peinture. Ils lui demandèrent donc de réaliser une peinture représentant les bateyes. Impressionnés par son talent, ils lui achetèrent toutes ses peintures, avec pour but de les revendre ici à Montréal, et de verser l’argent ainsi amassé au parrainage universitaire. Ils ont donc fait d’une pierre deux coups. D’une part en aidant un artiste local, et de l’autre en participant au parrainage, qui procure des chances d’un avenir meilleur pour tout le pays.
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| Des images qui en disent long ! | |||
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Des abris de roche
Des déchets en guise de jouets
Des regards éteints
La saleté omniprésente tranchant sur le décor paradisiaque
Des ventres se creusant dans une inaction désespérée
Et au milieu de toute cette misère
Une oasis de taule où reflète un rayon d’espoir.
Trente pupitres où s’assoient des enfants uniquement le vendredi et le samedi
Les autres jours devant se démener pour aider leur famille à survivre.
Trente pupitres, un professeur et un peu de matériel scolaire
Si le Canada a bien voulu en envoyer
Et au milieu de toute cette misère, l’inépuisable foi de deux frères
Faisant des miracles avec rien :
Ces enfants ne peuvent monter à l’école en haut pour des raisons familiales
Un professeur descend les voir.
Une école démolie par des trafiquants de drogue voyant leurs profits diminuer
Ils vont la rebâtir.
Et la reconnaissance de ces enfants qui se battent pour survivre
Et leurs sourires de gratitude
Et leurs prières pour nous, les «americanos»
Qui ne faisons que leur envoyer du matériel scolaire
Une fois par année.
Sara Maranda
Un grand pas vers l’avenir
On entend quelques notes. Puis, quelqu’un chante. Instantanément, Manuel est debout, la casquette contre le cœur et le regard grave, entonnant l’hymne national dominicain. Nous nous laissons entraîner par cet air mélodieux et cette langue nouvelle. Aussitôt le chant terminé se succèdent des rythmes typiques. Tous nos accompagnateurs dominicains dansent et chantent, même le silencieux Manuel. Métamorphose complète. Habituellement si calme et réservé, le voilà qui participe au concert en nous donnant un aperçu de sa culture. Je suis stupéfaite, tout comme les étudiants montréalais qui vivent l’Expérience dominicaine avec moi. Depuis plusieurs mois, le nom de Manuel Lebron circule sur nos lèvres, des photos sont affichées sur les babillards de l’école et nous remuons ciel et terre pour amasser les sommes nécessaires au parrainage de ses études universitaires. Pourtant, à cette époque, il paraissait si loin, impossible à imaginer, voire presque irréel. Puis, il y a quelques jours, nous l’avons rencontré pour la première fois : notre projet a alors pris une nouvelle dimension. Le parrainage universitaire, c’est un concept abstrait lorsque l’on ne prend pas la peine d’aller au-delà des mots. Le parrainage universitaire, c’est une opportunité pour des jeunes de poursuivre leurs études malgré les obstacles que la vie leur réserve. Le parrainage universitaire, c’est la possibilité pour un étudiant d’aider un semblable en retour. Le parrainage universitaire, c’est avant tout l’espoir, pour Manuel comme pour tous les autres, de pouvoir un jour réaliser leurs rêves.
Ariane Boyer-Roy
La République Dominicaine, c’était la différence. Le contraste même, à certains points, par rapport à la façon dont nous vivons ici au nord. Il est difficile de le concevoir sans l’avoir touché, vu, entendu, senti et même goûté. Sans l’avoir ressenti, à l’intérieur de soi-même.
Plusieurs occasions de ressentir toutes ces émotions se sont présentées durant notre séjour. Nous avons vu des choses difficiles à accepter comme à comprendre.
L’une des premières expériences que nous avons vécues, et une des plus marquantes, fut notre visite, dès la première journée, d’un bateye. Ces endroits doivent compter parmi les plus pauvres au monde, et la situation y est empirée par la pratique d’une forme d’esclavagisme, avec les ouvriers haïtiens.
Nous avons marché dans les champs. Quelques-uns d’entre nous se sont coupés sur ce tapis de cannes, même avec nos souliers de course. Force était de constater que les enfants du bateye, eux, s’y promenaient nu-pieds. Les enfants. Ce sont eux qui nous marquent le plus. On dit que l’enfance, c’est l’innocence. C’est vrai, car leur condition ne les empêchait pas d’être heureux.
Mais lorsqu’on pense au fait qu’on ne choisit pas le lieu où l’on naît, que ces enfants qui n’ont rien d’autre que leur sourire auraient bien pu être à notre place, et nous à la leur, c’est alors qu’on réalise. Qu’on réalise la chance qu’on a, et qu’on réalise tout ce qu’il y a à faire, si on veut qu’un jour, tous les hommes naissent égaux.
Maxime Lemoyne
Un bruit sourd se fait entendre au loin. On s’approche. Difficilement mais sûrement, on se fraie un chemin à travers le tapis de cannes à sucre séchées s’étendant, semble-t-il, infiniment sur le sol.
Peu à peu, une silhouette se dessine. Encore le bruit sourd. La silhouette est celle d’un coupeur de canne à sucre et le bruit, celle de sa machette. Suant mais souriant, vêtu de presque haillons, l’homme nous salue. On lui demande pourquoi il est seul. Il nous répond que les gens n’ont pas d’horaires fixes et que même à ça, ils sont payés selon la masse de leur production. Et « payés » est un terme généreux… Il nous a parlé de son salaire – il ne parlait pas très fort – mais ceux qui ont compris se sont vite sentis chavirés et impuissants devant cette situation de quasi-esclavagisme.
Alors que notre bonhomme nous raconte sa vie dans les bateyes – il y travaille depuis plus de 50 ans – une foule d’enfants, grands et moins grands, se massent, curieux, autour de nous. Ils nous tendent la main – comment refuser devant des minois si adorables?– et nous entraînent en un tourbillon de rires dans leur petit monde. Un monde orné de maisons noires et délabrées, de femmes assises, les yeux sans vie, devant des maisons qu’on croirait être des niches de chiens errants, un bac d’eau même pas potable… et pourtant, un monde si accueillant, si chaleureux.
Nous étions déchirés par tant de pauvreté, mais certainement ébahis par tant d’humanité.
Natalia Vo
La jeunesse
La jeunesse peut se représenter sous plusieurs symboles. Au Canada, certains vous diront que cela représente la force, le potentiel, la pureté, et parfois même la naïveté. Ils ont la possibilité d’être ouverts sur le monde, à une multitude de possibilités, de passions et d’intérêts.
En République Dominicaine, le symbole de la jeunesse n’est pas le même. Ces garçons, «los chicos», ont rarement accès aux mêmes avantages que les jeunes du Canada. Bien souvent, ils sont confrontés à des réalités bien pires que d’être obligé de faire cinq problèmes de mathématiques le même soir. D’avoir vu ces petits garçons circuler dans la rue non pas avec un sac d’école sur le dos, mais plutôt une boîte en bois contenant des outils nécessaires pour cirer des chaussures pour obtenir de l’argent afin de nourrir la famille. Ça m’a déchiré le cœur. Ces enfants ne peuvent pas être naïfs, car ils se retrouveraient dépourvus de tous leurs biens dans un pays où la corruption est quasiment omniprésente.
Il y a des choses difficiles à accepter lorsqu’on se retrouve face à un enfant dans cette situation. Il faut bien comprendre que ce n’est pas un billet de 500 pesos (environ 15 $ canadiens) qui fera la différence. Il faut réaliser que lorsqu’une personne riche veut faire une bonne action envers une personne pauvre, cette action se doit d’être efficace pour une longue période de temps.
Parfois, nous pouvons en arriver à penser que ces enfants sont placés à un niveau beaucoup plus bas que nous. Mais je crois que nous avons beaucoup à apprendre d’eux.
Ces enfants ont vraiment quelque chose de formidable. Ils ont le pouvoir de nous donner une véritable leçon de vie rien qu’en les regardant. Quand on pense à leur passé, à la situation dans laquelle ils vivent, cela change nos valeurs pour le reste de votre vie.
Gabriel Chartier-Primeau
Un sourire. Un sourire vrai, sincère.
Parmi les maisons de tôle et les déchets omniprésents, ce sourire détonne. Ces enfants des bidonvilles n’ont pas de «vrais jouets», pas de "vraies maisons", pas de "vraie éducation", mais ils ont un vrai sourire.
Déstabilisant pour nous, Nord-américains habitués au luxe, habitués de se plaindre pour des choses superficielles.
Déstabilisant de voir que ces enfants pauvres trouvent la force de survivre dans un environnement si difficile.
Ils nous ont appris à être plus humains, à sourire pour vrai.
Toute une leçon de vie...
Rachel Gagnon Une vision d’espoir
En avril dernier, j’ai participé à un voyage éducatif d’une semaine en République Dominicaine avec trente-deux autres élèves du Collège Jean-Eudes, à Montréal. Lors de cette expérience inoubliable, nous avons pu vivre la proximité des individus, sentir le chaos, flairer la misère, bref : vivre intensément !
Cependant, rien ne va de soi et, si nous sortons de cette expérience grandis, nous n’en éprouvons pas moins un sentiment d’incapacité. Il est si difficile de penser qu’on n’est qu’une goutte dans un océan de larmes involontaires, les nôtres devant la misère vue et celles d’un peuple opprimé.
Nous avons vu les champs de canne à sucre, les bateyes, les bidonvilles… et l’espoir ! Eh oui, il y a toujours une lueur d’espoir qui brille. Alors que plusieurs de mes amis étaient atterrés, j’ai entendu un frère Lassallien nous dire qu’il tentait de donner aux jeunes défavorisés la chance d’étudier. Quand mon animateur de pastorale, Monsieur Laurin, lui a demandé si nous pouvions contribuer financièrement à rebâtir une école qui avait été détruite et pillée par des barons de la drogue, le frère en question lui a répondu que ce n’était pas encore l’heure de mettre à profit nos (beaux) portefeuilles (en cuir luisant), il est resté interdit. Et pour cause : ce n’est pas tous les jours qu’on comprend que les humains ont moins besoin de l’argent de leurs compères que de leur propre foi.
Je ne suis pas croyant, mais j’ai foi : en un monde meilleur, en ma capacité de changer les choses. J’ai aussi une certitude qui me pousse à continuer ma lutte pour les droits humains, celle de savoir qu’il y a des gens qui, accrochés à une croyance religieuse, sont assez forts pour traverser l’adversité les bras relevés. Merci à la communauté Lasallienne du monde entier, gardez la tête haute pour que la jeunesse puisse voir dans vos yeux l’étincelle qu’éveille le désir d’un monde plus juste !
Christian Peterson
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